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Retirée de l’usine et remise à l’école

23/07/2018 


Retirée de l’usine et remise à l’école

Phy Phea adore étudier. Ses notes ont toujours été très bonnes. Son rêve : devenir maîtresse d’école. Mais fin 2016, ses parents l’envoient à l’usine, faute d’argent. Grâce à l’aide de Ciomal, Phea a finalement pu retrouver le chemin de l’école.

Un père atteint de la lèpre, lourdement handicapé des pieds et des mains et qui a pris l’habitude de noyer son désespoir dans l’alcool, une mère avec de multiples douleurs dûes à l’arthrose et un frère cadet. Voilà la famille de Phea.

Grâce à un prêt de Ciomal, les parents avaient pu ouvrir en 2015 une petite gargote dans leur maison faite de chaume et de taule ondulée. Ils y vendent des produits d’épicerie aux habitants de leur village de la province de Prey Veng, au sud est du pays. Mais cela n’a pas suffi. Les enfants grandissants, les frais de scolarité augmentant, la petite famille ne parvenait plus à joindre les deux bouts.

Un jour, la mère a réuni ses deux enfants, Phea et son frère Sy. « Je ne peux plus vous garder tous les deux à l’école, leur a-t-elle dit. Phy, tu es l’aînée et tu es une fille, tu vas quitter l’école et travailler à l’usine pour subvenir aux besoins de la famille et pour que ton frère puisse continuer à étudier. »

C’est ainsi que Phea, tout juste âgée de 17 ans, a été envoyée à l’usine dans les faubourgs de Phnom Penh. «J’étais malheureuse de quitter l’école, raconte la jeune fille, il ne me restait qu’une année pour terminer et pouvoir passer des examens d’admission pour une formation en pédagogie. Mais cela se passe comme ça pour les filles dans nos villages. Ma mère a juste fait la même chose que les autres. »

Suit une année extrêmement pénible pour Phea. Loin des siens, elle partage une petite chambre avec une cousine et travaille entre 9 et 12 heures par jour, 6 jours par semaine. « Le manager de
notre section était chinois, il était très dur, il nous grondait et nous insultait sans raison. » De ses 150$ mensuels, après avoir retiré les frais de logement, de nourriture et de transport, il ne restait que quelques dizaines de dollars qu’elle pouvait envoyer au village.

Ce n’est qu’en février 2018 que l’équipe de CIOMAL, venue visiter la famille, découvre la triste réalité. De longues discussions s’engagent alors entre les parents de Phea et les travailleurs sociaux de Ciomal. Ces derniers proposent un soutien financier pour permettre à Phea de reprendre l’école. Ils expliquent surtout comment Phea pourrait accéder à un métier stable avec un salaire plus intéressant si elle poursuivait sa formation. Les calculs convainquent les parents qui acceptent. Deux mois plus tard, Phea réintégrait l’école.

Aujourd’hui, Phea trime pour obtenir son diplôme de fin de scolarité et poursuivre sa formation d’institutrice. Elle est persuadée que, lorsqu’elle aura un bon travail bien rémunéré, elle pourra venir en aide à ses parents. Entretemps, l’habitation de chaume dans laquelle s’entassait toute la famille a été remplacée par une maison en dur, grâce à l’intervention de CIOMAL.

Les études de Phea sont financées grâce à une bourse de la Fondation Peter Donders.

La maison a été construite grâce au soutien financier de Compounding Partnership Fund.

CIOMAL

CIOMAL Genève

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