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Des vaches pour sortir la tête de l’eau

24/09/2020 


Atteints de la lèpre et démunis, Lang Ol, Uch Chhim et Yei Mao, et tant d’autres encore, se retrouvent, au crépuscule de leur vie, seuls, sans soutien, souvent abandonnés par leur fa mille.

La Fondation CIOMAL veut les aider à garder leur dignité.

Lang Ol a été trouvé il y a 3 ans, tapi au fond d’une toute petite barque qui voguait dans les roseaux du lac Tonlé Sap à Siem Reap. Ce sont les bonzes de la pagode avoisinante qui ont alerté les autorités. Depuis, il vit à Phnom Penh, dans l’hôpital de Kien Khleang, tenu par la Fondation CIOMAL.
Atteint d’une lèpre multibacillaire, il n’a plus de nez ni de doigts et vient d’être amputé d’une jambe. Et il fait de très fortes réactions au traitement qui doit lui permettre de guérir. Outre le suivi médical, les équipes du CIOMAL ont exploré avec lui les pistes permettant de le rendre à nouveau autonome.
En effet, ce père de trois enfants s’est retrouvé sans toit lorsque, en 2015, la famille a compris qu’il était atteint de la terrible maladie. Sur le petit lopin de terre concédé par son frère cadet, Lang Ol pourrait se construire un toit, avec le soutien du CIOMAL. Pour subsister, il pourrait élever deux vaches et tirer un bon prix de leurs progénitures.
Ainsi Lang Ol s’acheminerait avec sérénité vers ses vieux jours.

Deux vaches pour Uch Chhim et son épouse Yei Mao permettaient à ce couple tendrement amoureux qui vit dans la province de Kratieh d’échapper à la disette. Tous deux, fortement abîmés par les séquelles de la lèpre,viennent de convoler en justes noces.
Après plus de 20 ans d’assiduité, Uch Chhim a finalement obtenu le consentement de sa dulcinée.
C’est dans les années 1990, en labourant les rizières, derrière ses buffles, que Uch Chhim aperçoit pour la première fois Yei Mao, une jeune femme à l’époque. Le coup de foudre est immédiat. Mais cette dernière n’avait pas envie de « s’encombrer d’un mari ».
Après de multiples tentatives, Uch Chhim se marie avec une autre femme.
Veuf depuis des années, sans enfants, il a repris sa cour auprès de Yei Mao qui a fini par accepter. L’un et l’autre travaillent dur malgré les stigmates. Elle plante quelques légumes et pêche de petits poissons, lui confectionne des paniers de rotin sous leur cabanon.
Cette année, la Covid-19 et la sécheresse qui s’est abattue sur le pays ne leur permettent même plus d’assurer leur maigre pitance.

Pich Nheob a été découverte par les équipes mobiles de la Fondation CIOMAL lors d’une campagne de détection précoce de la lèpre dans la région de Kampot, au sud du pays.
C’est là qu’elle vivait chichement avec son mari dans une chaumière que le CIOMAL a alors restauré. Soignée en 2017 grâce à la trithérapie, elle ne porte presque pas de séquelles de la maladie. Elle et son mari vont dans les banquets ramasser des canettes de bière pour les revendre. Grâce à la générosité des villageois, ils peuvent planter quelques légumes sur un petit lopin de terre. Pendant la saison des pluies, ils apprêtent des petits poissons qu’ils vendent au marché. Mais cette année, l’eau manque et les poissons aussi. Coronavirus oblige, il n’y a ni banquets, ni canettes. Sans famille, Pich Nheob et son mari doivent en outre préparer leur vieillesse. La perspective de posséder deux vaches leur donne une lueur d’espoir.

Au Cambodge, les vaches ne sont pas laitières, mais elles peuvent engendrer des veaux qui se vendent à bon prix.
S’occuper de vaches est plus simple et moins risqué que d’élever des cochons ou des poules, qui nécessitent davantage de soins.
Les vaches sont robustes et broutent les herbes ou les feuilles des arbres alentour et peuvent boire l’eau des puits ou des mares.

Coût d’une vache robuste : CHF 500.-
Coût d’une petite maison : CHF 2’500.-

 

CIOMAL

CIOMAL Genève

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